jeudi 6 mars 2008


Il est parfois difficile d’éviter les clichés lorsqu’on fait la promotion d’une cause. C’est sans doute le défi devant lequel s’est retrouvé l’équipe de BBR en recevant le brief pour la campagne de LEUCAN. Des enfants atteint du cancer, c’est triste, mais soyons honnête, on en a vu d’autres. Il fallait donc passer outre la représentation des jeunes malades tout en gardant l’essence de la cause. Le résultat est renversant. Un petit bijou du marketing social québécois. Une image on ne peut plus explicite, un traitement original et un message extrêmement puissant. Une fois Encore la métaphore est à l’honneur, le jouet dans le rôle de l’enfance, l’absence de cheveux dans le rôle du cancer et la différence très bien représentée. Pour ce qui est de la rédaction, un simple « aidez-nous » et c’est bien suffisant. La signature vient expliquer l’image. Ce n’est plus l’image au profit de l’organisme, mais le contraire.

Le tabagisme est à l’origine de millions de morts sur la planète chaque année. Ici, au Québec, les gouvernements multiplient les campagnes de sensibilisation en exposant sur les paquets des statistiques alarmantes, en diffusant des campagnes nous montrant les composantes chimiques des cigarettes en démontrant le danger que fumer représente pour nos enfants, etc., etc., etc.. Il est très intéressant d’aller voir ce qui se fait dans les autres pays de la planète, comment font-ils pour parler à la population. Ici, le groupe Cossette a réalisé une campagne au Royaumes-Unis. Les Londoniens sont de très gros fumeurs.
L’idée derrière ce message est très intéressante car on y voit ni cigarette ni fumeur. L’image n’en reste pas moins ragoûtante et (sans mauvais jeu de mot) accrocheuse. C’est une métaphore habile représentant le fumeur comme un poisson tiré par l’envie de fumé, sans pouvoir s’en défaire. De plus le jeu de mot « unhooked » à la base de la campagne et radical de l’adresse du micro site est bien ficelé. Une image marquante, connotée, un thème frappant et une adresse web qui ne peu que restée gravée dans la mémoire grâce à l’image voilà une campagne qui a tout le potentiel pour faire baisser le nombre de fumeur. Pourquoi au Québec, toutes nos publicités à propos du tabagisme montre le produit? Est-ce vraiment nécessaire?


De la pierre au ventre


L’anorexie est une maladie qui reste méconnue. Les experts ne s’entendent pas sur les causes de cette maladie. Les recherches avancent à petit pas alors que le nombre de malades augmente à grand bons. Afin de recueillir des fonds pour le traitement, la prévention et la recherche, l’ANEB (association québécoise d’aide aux personnes souffrant d’anorexie nerveuse et de boulimie) a fait appel à une agence bien connue pour ses campagnes sociétales, Amen.
L’équipe de Nicolas Massé à relevé le défi avec brio. Il leur aurait été facile de représenter des cas extrêmes qui auraient sans doute touché beaucoup de gens et inciter bien des victimes à consulter. Mais ils sont sortis des sentiers battus et ont opté pour une autre forme de simplicité, la connotation. L’image est à la base banale, quoiqu’un peu morbide, sans plus. Mais avec la signature subtile (qui n’apparaît malheureusement pas sur l’image ci-dessous) de l’ANEB, une toute autre signification naît de la photographie. Ainsi la pierre devient, par synecdoque, un malade. On y voit alors l’effet (la maigreur) et les conséquences (l’isolement et la mort). C’est d’une simplicité déconcertante et d’une portée émotionnelle sublime. Sans parler de l’originalité de l’approche. Un saut créatif qui, souhaitons le fera avancer les recherches sur ce fléau.